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Cerveau : l’écoute et le toucher sont intimement liés

Il est maintenant scientifiquement prouvé que les aires auditives et tactiles dans le cerveau sont intimement liées. Eckart Altenmüller, professeur à l’Institut  de physiologie de la musique, à la faculté de musique et de théâtre de Hanovre, écrit dans une revue scientifique :

La perception de la musique n’est pas seulement auditive. A chaque son correspond une position des doigts sur l’instrument… Lorsque nous jouons d’un instrument, les vibrations de cet instrument se transmettent aussi à notre corps… Lorsque des représentations sensorimotrices aident à déterminer des motifs musicaux, le cerveau doit convertir la musique ressentie par les doigts en sons tels qu’ils sont perçus par l’ouïe. Certains pianistes ressentent des fourmis dans les  doigts en entendant un morceau de piano ou, au contraire, “entendent” un morceau quand ils tapotent des doigts sur une table. Chaque fois que nous jouons d’un instrument, notre cerveau doit mettre en relation des informations auditives avec des données sensorielles et motrices.

On démontre que l’activité des aires cérébrales de l’écoute et celle des aires contrôlant les mouvements des mains commencent à se modifier après 20 minutes de pratique. Au bout de 3 semaines, la simple écoute d’une mélodie suffit à activer les aires sensorimotrices, alors que les participants ne bougent absolument pas les doigts. Inversement, les zones de l’écoute s’activent quand les participants jouent sur un clavier muet… L’apprentissage de la musique peut faire éclore des représentations mentales nouvelles, par exemple, la représentation de notes au moyen de mouvements des doigts.

Et on trouve, dans un communiqué de presse de l’association des sociétés scientifiques médicales datée du 04/09/2007 :

Notre cerveau possède une capacité d’adaptation étonnante, permettant à tout pianiste néophyte de générer, après 20 minutes seulement de pratique de l’instrument, des connections nerveuses entre les régions cérébrales de l’ouïe, de la perception sensorielle et du mouvement. La plasticité du système auditif, avec pour exemple celui de la musique, fera ainsi l’objet d’une des conférences du 80e congrès de la société allemande de neurologie (D. G. N.), qui se tiendra du 12 au 15 septembre à Berlin.

 

Dans le cadre de la pratique d’un instrument à haut niveau, le système nerveux touche à ses propres limites, souligne le Professeur Eckart Altenmüller, neurologue à l’Institut de physiologie de la musique et de médecine du musicien d’Hannovre. Les musiciens s’exerçant à des séries de mouvements complexes soumettent leur ouïe à une attention de tous les instants. Ainsi lorsque ce sens gagne en précision, sa région cérébrale associée se développe et gagne du terrain.

 

Fort heureusement, cette capacité du cerveau à se modifier n’est pas cantonnée à une période donnée de notre existence mais est préservée tout au long de notre vie. Pour un pianiste adulte débutant, les vingt premières minutes d’exercices suffisent à induire des ramifications entre différentes régions de son cerveau. Après 5 semaines, le processus d’adaptation à cette nouvelle pratique continue sa course : une activation des régions du cerveau qui commandent la main est observée, lorsque le sujet écoute simplement de la musique, et l’activation des régions de l’ouïe est, à l’inverse, engendrée par le fait de jouer sur un clavier muet.

 

Pour ce qui est enfin des musiciens avertis, le cerveau tend, quant à lui, à se focaliser sur des instruments bien précis. Chez le trompettiste par exemple, certaines cellules nerveuses réagiront ainsi de façon plus intense au son d’une trompette qu’à celui d’un violon.

 

Ces différentes observations ont finalement pour les musiciens une portée particulière : ces derniers ne s’exercent pas uniquement par une pratique assidue de leur instrument, mais également par l’ écoute et l’observation des autres musiciens.

 

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/50919.htm

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